Déontologie du médiateur

vendredi 19 octobre 2018
par  Jean-Luc Poitoux

Cet article est une ébauche.

Chaque élément clé issu de la recherche sur la théorie et la pratique de médiation devra faire l’objet d’un paragraphe ajouté à la déontologie du médiateur.

Voici le premier.

Déclaration d’intérêt

Tout médiateur peut avoir dans sa vie personnelle des avis, des opinions, des engagements, etc. En tant que médiateur, une notion très importante est la neutralité. Elle a fait l’objet d’une publication récemment par un collectif de recherche afin de sortir d’une sorte phrase parapluie rencontrée depuis bien trop longtemps et encore bien trop souvent : "LE MÉDIATEUR EST NEUTRE".

Cette publication évoque une pluralité de points de vue sur la notion de neutralité et elle démontre qu’ être neutre en médiation est impossible et parfois même non souhaitable . Le devoir du médiateur est de "maîtriser la question du neutre", c’est-à-dire de mettre à distance tout ce qui vient de lui (son intériorité, ses valeurs, ses idées, ses projets, etc) et de se focaliser sur les autres, leur altérité. Il doit veiller à objectiver en permanence son niveau de lucidité afin de vérifier qu’il est bien en état de décider si dans l’instant, la situation nécessite qui soit neutre ou non. Et l’expérience permet même de doser cette décision comme l’équivalent d’un curseur. Dans le cas contraire, il doit pouvoir mettre fin à la médiation ou à tout le moins le signaler aux parties prenantes.

Cette obligation de lucidité maintenue par un travail sur soit, commence dès les travaux préparatoires à une médiation et se poursuit jusqu’à la conclusion de celle-ci.

Comme un metteur en scène, le médiateur veille à la mise en cohérence et à son maintien, du niveau de neutralité nécessaire.

Par exemple, comment rester neutre face à un agresseur en médiation ?

Le sens d’une médiation est de comprendre ses enjeux, ses tenants et aboutissants, et de contribuer à informer, alerter, mobiliser, régler, etc, de manière adaptée au contexte le plus large possible de la médiation. Cela demande donc une attitude réflexive, anticipative, lucide et ouverte.

La responsabilité du médiateur est sur la définition et la tenue du cadre éthique de la médiation. Cette médiation peut occuper le médiateur sur une période courte ou au contraire, pendant des années selon les cas.

Dans tous les cas, le médiateur, tout médiateur qu’il est, vit, participe par ailleurs de la vie de la cité. Il peut avoir d’autres fonctions professionnelles, il peut avoir une ou des fonctions électives, il peut être membre d’un parti politique, d’un syndicat, d’associations, etc.
Cela ne peut pas et ne doit pas lui être reproché. L’important est qu’il déclare les éléments qui peuvent avoir une influence sur la médiation, de près ou de loin, et que chacun puisse en juger, afin de décider ou non de confier ou maintenir la mission de médiateur.

C’est pourquoi le médiateur joint à sa fiche de présentation une déclaration d’intérêts qui l’aident à s’objectiver lui-même et qui permettent aux parties prenantes de la médiation de vérifier à priori et à postériori que le médiateur a bien gardé son rôle et tenu sa place.

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